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Vendredi 04 juillet

Publication date : Tuesday, July 15th 2008 - 53 157 vues

Summerjam 2008 au jour le jour

Du haut de sa 23ème édition, le vénérable Summerjam Festival fait figure de vétéran en Europe. Bâti sur de solides fondamentaux, il entame sa 12eme année consécutive sur le site du Fühlinger See, configuré en deux scènes distinctes, et son organisation bien rodée est un modèle de professionnalisme. Une telle assise laisse toute sa place au soin du détail, attention qui ne laisse pas de marbre un festivalier fidèle. Pas de surprise donc à notre arrivée sur le petit lac ; couvrant l'événement pour la quatrième année consécutive, nous commençons à avoir nos habitudes.

Pas de révolution non plus côté programmation, et l’équilibre qui prévaut habituellement entre les artistes jamaïcains et européens est bien respecté, avec cette année une ouverture aux styles périphériques encore plus prononcée. Face aux dilemmes que réservent habituellement les concerts simultanés sur deux scènes, notre parti pris a été d’assister en priorité aux affiches inédites en Europe.


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Vendredi 4 juillet 2008

Confrontés à un premier choix en ce début d’après-midi, nous picorons entre le roots du chanteur cosmopolite Jahcoustix et de ses musiciens (dont le son fait d’ailleurs penser à celui d’un Sinsémillia des débuts) et la touche plus dancehall de Ziggi. Déjà présent l’année précédente, le deejay néerlandais déclenche d’ailleurs un premier mouvement de foule avec Blaze it, sur le riddim Last war (servant aussi de support au Come around de Collie Buddz) et interprètera également un titre sur le riddim du récent hymne pro Obama de Capleton. Et bien sûr, Need to tell you this, son hit le plus récent, bien suivi par le public.

Alborosie
Deuxième passage sur la grande scène du Summerjam pour Alborosie. Le Sicilien expatrié en Jamaïque, bien présent vocalement, est cette fois épaulé par deux choristes et donne un show de bonne qualité. Il gratifie le public de ses premiers succès (Herbalist, Kingston town) et de titres plus récents : Rastafari anthem, Police aux influences de Black Uhuru marquées, ou encore Precious sur le riddim Promised land qu’il interprète avec U-Roy sur son album.

Cecile
Cecile ne compte plus ses passages en Allemagne. Dès son entrée, on sent que la “bad gal” est un peu chez elle, tant l’accueil que lui réserve le public est chaleureux et énergique. Arborant large sourire et tenue sexy, elle entend bien promouvoir son premier album, enfin sorti après des années d’attente. C’est logiquement Goody, le premier single dudit album, sur le très dansant Wipe out, qui ouvre le bal. S’ensuivra un melting pot de toutes ses chansons les plus chaudes, comme Cherry pie sur le Glue, Do it to me, Ride or die sur le Journey ou Waiting, dans sa version remix, avec les parties toastées de Shaggy. Malgré quelques faiblesses ponctuelles dans la voix, Cecile fait le spectacle et la température monte encore d’un cran quand elle invite un garçon du public à la rejoindre sur scène : lui mettant une sucette dans la bouche, elle vient se coller à lui avant de se lancer dans une interprétation suave de son ancien hit en duo avec Sean Paul, Can you do the work, sur le Liquid. Le spectateur laisse ensuite sa place à Ziggi, qui vient exécuter Oh yeah en duo. Jamdown, sur le riddim du même nom, fait baisser un peu la pression avant un final euphorique sur un riddim local : le Cure pour Rude bwoy thug life.
Nouveau dilemme : alors que nous pensions voir un peu de Lady Saw et de Tarrus Riley, le début du show de Tarrus est malheureusement avancé, décalant ainsi toute la programmation de la scène verte. Contraint de choisir entre les deux artistes, nous nous dirigeons vers la petite scène voir Tarrus Riley, après être restés un peu sur notre faim lors de son passge à Paris pour le Reggae Live Tour.

Lady Saw
Pendant ce temps, la reine du dancehall prend possession de la grande scène et on entendra de loin quelques classiques comme Big Ninja bike ou No matter me sur le Bookshelf et des titres propres à déclencher l’hystérie du public comme ce Squeezing me sur le riddim Wipe out ou I got your man. Lady Saw terminera son show en invitant Cecile pour le duo Loser.

Duane Stephenson
Surprise, alors que le Firehouse crew, mené par Dean Fraser, s’installe pour Tarrus Riley, Duane Stephenson, un autre petit protégé du saxophoniste fait son entrée, le temps de quelques chansons, dont son hit Cottage in Negril.

Tarrus Riley
En grande forme vocale, Tarrus offre une superbe prestation et reçoit un accueil chaleureux. Son show, plus long qu’à Paris et magnifié par la présence de Dean Fraser et d’une choriste, permet de redécouvrir la quasi-totalité des titres de son album "Parables" : Beware bien sûr, Micro chip, System set, Parables sur le riddim Three blind mice, Lion paw ou encore One two order. Adressons une mention spéciale à Backbiter sur le riddim Far away, seule chanson post album de cette sélection. Alors que le soleil commence à décliner, le fils de Jimmy Riley quitte la scène avec son plus gros hit, She’s royal, sous les acclamations du public.Un autre groupe succède au Firehouse crew pour Queen Ifrica et nous sommes obligés de jongler avec la grande scène, qui accueille Collie Buddz. Le chanteur des Bermudes a endossé le maillot allemand de la Mannschaft, finaliste malheureuse de l'Euro. Nous arrivons juste à temps pour entendre Come around, puis Blind to you, les deux moments forts de ses shows, qui soulèvent le public.

Queen Ifrica
C’est sous l’oeil attentif de son mentor Tony Rebel que la Fyah Muma offre un show dancehall roots dynamique ponctué de morceaux déjà anciens comme Born free, Natty fi grow sur le riddim Bangarang ou What is life, enregistré pour le label Penthouse, et de titres plus récents tels Keep it to yourself ou Rise ghetto youths. Passage attendu, l’émouvant Daddy est l’occasion pour Queen Ifrica d’expliquer au public le thème de cette chanson. Elle clôture son show par le hit Below the waist et Wipe the tears sur le Roots tonic. Malgré des qualités incontestables, Queen Ifrica laisse finalement une impression mitigée : ses parties deejay tonitruantes sont presque trop criées et lassantes à la longue. Place désormais au dancehall.

Busy Signal
La première apparition européenne de Busy Signal est le gros événement de cette première soirée, sinon du festival. Le public, amassé en grand nombre devant la petite scène, ne s’y est pas trompé. Au même moment, Culcha Candela, incontournable représentant de la scène allemande, s’apprête à se lancer sur la scène rouge. Dès son entrée, Busy met le feu aux poudres, faisant s’enchaîner les titres dévastateurs (Moves, puis Rise and beat sur le Backache). Mais avec Full clip sur le Anger management, la liesse atteint des sommets et les choeurs du public sont tout bonnement hallucinants, sur des paroles et un flow pourtant difficiles à imiter. C’est le moment que Busy choisira pour s’accorder un premier break, le temps de remercier le public pour son accueil et d’exprimer son plaisir d’être de passage en Europe. Il reprendra alors de plus belle avec Not going down sur le Ice breaker et Bleach, avant que Badman place ne vienne à nouveau allumer la mèche dans la foule.Le show prend alors des allures de machine de guerre inarrêtable avec les boucheries My highness sur le Inspector, Agony sur le Sweat et surtout Step out, repris à l’unisson par les 5 000 personnes présentes, Busy Signal, juché sur une des enceintes, semblant lui-même ne pas en revenir. Mais le deejay n’a pas dit son dernier mot, preuve en est avec sa version impeccable de Too much gun sur le Man fi dead, impressionnant de justesse et de rapidité et le très sombre Every machine sur le Artillery. Rat race sur le Chaos et Wrong place viendront calmer brièvement les ardeurs, avant que Busy Signal ne demande à tout le monde de brandir son téléphone portable avant de se lancer dans une version mémorable de Unknown number. On pourrait croire que rien n’aurait su venir relever encore le niveau mais c’était sans compter les hits récents : le terrible The days et Mr. Dead en remettent une couche. Pour le final sur Pon di edge, Busy fera monter deux charmantes jeunes filles choisies dans le premier rang pour danser de façon explicite avec chacune d’entre elles. Jail, reprise encore une fois en chœur par les spectateurs, clôturera cette prestation en tous points irréprochable.

Mr Vegas
Absent des scènes européennes depuis plusieurs années, Mr Vegas endosse cette fois l’habit inhabituel de grand frère : ses premiers hits ont déjà 10 ans. Le public, chauffé à blanc, l’attend de pied ferme et lui réserve son meilleur accueil. La forme même du show de Vegas est atypique. Il prend d’abord bien soin de faire traduire toutes ses interventions au micro en Allemand, grâce au chanteur Ganjaman, Mc de la soirée. Il agrémente ensuite sa prestation d’interludes musicaux joués par un Dj façon sound system : on entendra des singles dancehall et surtout quelques hommages à Natasja ou à Bob Marley. Mr Vegas n’en oublie pas ses propres titres et c’est accompagné de son groupe qu’il débute par les classiques She’s a ho, Hot gal today, Nike air, Jack it up Morning love, Heads high ou Pull up sur le Coolie dance. Les forwards qu’il reçoit n’ont d’égal que ceux engendrés par Busy Signal précédemment. Place ensuite aux hits récents : Hot wuk, avec une danseuse très acrobatique à l’œuvre, puis Tek weh yourself et No friends font l’unanimité. Vegas remercie enfin les promoteurs d’avoir permis son retour en Europe et de lui avoir fait confiance comme tête d’affiche de cette soirée. Il ne les aura pas déçus, quelle fin de soirée pour un premier jour ! La barre est haute, très haute. Le détour par la tente des sound systems, qui propose une programmation 100 % allemande, sera rapide, en vue de préserver nos ressources pour le lendemain.

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Report write by Alexandre Tonus & Benoit Georges
Photos : Timothée Eisenegher & Benoit Collin

Tags : Mr Vegas (112), Ken Boothe (71), Shaggy (110), Ky-mani Marley (52), Cecile (59), Luciano (126), Lady Saw (52), Jah Cure (86), Pow Pow (17), Mighty Crown (37), Patrice (54), Alpha Blondy (87), Sentinel (24), Collie Buddz (38), Busy Signal (174), Stephen Marley (57), Dub Inc (78), Tarrus Riley (137), Pressure (41), Alborosie (109), Alaine (26), Queen Ifrica (67), Etana (75), The Black Seeds (14), Dean Fraser (24)

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Summerjam 2008   
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Samedi 05 juillet

Publication date : 07-15-2008
Summerjam 2008 au jour le jour
Samedi 5 juillet 2008

The Black Seeds
Alors que l’Italien Roy Paci occupe la petite scène, nous rejoignons la scène rouge où la foule clairsemée attend le groupe Black Seeds pour commencer la journée. Les Néo-Zélandais jouent un reggae dub et jazzy musicalement léché, qui sied parfaitement à ce début d’après-midi. Connus et appréciés en France (le groupe était quelques jours avant au Garance à Paris), ils foulent pour la première fois la scène du Summerjam. On apprécie la maîtrise et le son des huit musiciens (dont deux cuivres) qui interprètent notamment Sometimes Enough, The Answer, Love for property ou Cool it down, véritables tubes extraits de l'album "Into the dojo" sorti en 2007. Mais nous entendrons aussi Slingshot, premier single du prochain album "Solid ground" à paraître en août.

Jah Cure
L'année dernière, Jah Cure tout récemment sorti de prison clôturait le Sundance Festival d'Eindhoven au nez et à la barbe de Capleton. Relégué cette année en milieu de journée, il est plutôt loin des têtes d'affiche, derrière Patrice et Shaggy. Nous restons surtout pour sa montée sur scène, son show bien connu étant chroniqué à plusieurs reprises sur Reggaefrance. Le temps d'être les témoins d'une entrée monstre sur Longing for (quel accueil !), suivie comme attendu de Jah bless me, God morning Jah et King in this jungle. En revanche, Sunny day semble vraiment être la chanson préférée des Français, car elle ne reçoit pas le même accueil gigantesque qu’à Paris. Direction la petite scène et Voicemail, qui font eux leurs débuts en Europe.

Voicemail
Nous ne sommes pas nombreux à avoir fait ce choix et le trio se produit devant une foule clairsemée. Pas de groupe pour ce show mais un Dj. En grande forme et bien habillés, comme à leur habitude, les trois compères entrent de façon énergique sur le Jonkanoo et interprètent d’emblée Wacky dip et Do what you feel like. Les chansons les plus dansantes de leur répertoire s’enchaînent alors, avec Get on up sur le Ice breaker, Let’s dance sur le High altitude, Weddy time et Ready to party. Le public est très réceptif aux efforts du groupe et reproduit avec plaisir leurs pas de danse. Côté reggae lover, même s’ils reçoivent un bon forward, Want to know your name sur le Big street, Jamaican jiggas sur le Stop that train, Playing games sur le Cry baby et Why sur le My baby contribuent à faire retomber un peu l’ambiance. Best days of my life sur le Guardian angel engendrera quand même une grosse réaction de la foule, notamment grâce au riddim. Dans la partie finale, le trio repart de plus bel dans les « dancing tunes ». Bring yuh body come sur le Sweat fera sauter tout le monde et le dernier segment donnera l’occasion d’entendre des chansons plus récentes sur des riddims tous frais (Get down on it sur le 2070’s, Bembe sur le Party ou encore Get the money sur le Drum lane). Ce sont Get crazy sur le Gangsta rock et Roll out sur le Wipe out qui ramasseront sans mal le plus énorme forward. Les récents Go Nikki sur le Pon di block et Dancing fever sur le Raging bull serviront à fermer la danse et une première prestation satisfaisante, sans être non plus transcendante. Dommage que le trio n'ait pas été intégré à la grosse soirée dancehall de la veille.

Alaine
C’est une première en Europe pour la jeune Alaine qui doit normalement jouer 15 minutes avant Pressure. Nous aurons finalement droit à un peu plus ce qui n’est pas pour nous déplaire tant la chanteuse au style mâtiné de RnB offre une prestation rafraîchissante et vocalement bien maîtrisée. Son compagnon et producteur, Don Corleon, la filme depuis la coulisse et surveille les réactions du public, plutôt tranquilles. En attendant le premier album d’Alaine, "Sacrifice", uniquement disponible en import, nous nous régalons avec le titre éponyme, Wine sur le Sweat, No ordinary love sur le Seasons et Sincerely sur le riddim Love potion.

Alpha Blondy
Venu en remplacement de Beres Hammond, c’est Alpha Blondy et son Solar System qui assurent le show sur la grande scène. Après un medley d’intro du groupe, le chanteur ivoirien débute par une longue version de Jérusalem, devant un public compact agitant drapeaux ivoiriens ou sénégalais. Alpha prend d’ailleurs un certain plaisir à faire durer son plus gros hit. Le show s’annonce plutôt classique pour un public français habitué à voir Alpha presque tous les ans : nous nous en retournons vers la petite scène et Pressure.

Pressure
Alors qu’Alpha Blondy joue au même moment sur la grande scène, Pressure s’apprête à succéder à Alaine toujours sous l’œil attentif de Don Corleon. Le public a répondu présent pour cette première scène du singjay de Sainte-Croix et nous retrouvons un peu de l’ambiance de la veille lors de Busy Signal et Mr Vegas, même si la foule bien compacte reste un peu plus calme, reggae oblige. Pressure ouvre son show comme il ouvre son premier album "Love and affection", avec le très beau Bless the children. Il poursuivra en interprétant l’essentiel des titres de ce même album, dont tous ses meilleurs singles (Hear my cry sur le Far away, So appealing sur le Love potion, No fight sur le Dreams et même Bless my soul sur le récent Secrets riddim de Corleon), mais aussi les superbes et moins connus Boogey man et Most wanted, qui recevront de tels forwards que Pressure les rejouera pour le plus grand plaisir du public. Même Never fall sur le Backache, titre dancehall pas vraiment indispensable, engendrera de bonnes réactions. Pressure est impressionnant de justesse et de charisme et en entendant avec quelle facilité sa voix vient chevaucher les gros riddims classiques, Baltimore (Ghetto life) et Rougher yet (Your love), on se dit que les Sizzla et autres Capleton n’ont qu’à bien se tenir. C’est très logiquement son hit Love and affection qui servira de final à ce très bon concert.

Ky-mani Marley
Alors que la pluie et la nuit commencent à tomber, le Summerjam accueille Ky-mani, le plus hip-hop des fils Marley. Même si celui-ci n’était pas venu depuis quelques temps en Europe et malgré des morceaux studio intéressants, le show sera plutôt sans surprise et n’échappera pas aux reprises convenues, dont No woman no cry. Nous retiendrons surtout la reprise bien arrangée de So much trouble et les quelques incartades hip-hop.

Patrice
Sur la grande scène, Patrice relaie Alpha Blondy. En terrain conquis (il est originaire de la région de Cologne), il débute alors que la nuit est tombée et que la pluie tombe à verse. Il monte seul sur scène, avec sa guitare en bandoulière et harangue la foule qui ne semble pas se soucier des trombes d'eau. "You fight fire with fire, we gonna fight clouds with clouds" ("on combat le feu avec le feu, nous allons combattre les nuages avec les nuages"), lance-t-il dans un sourire, en allusion à son tout récent single, Clouds, extrait de son dernier album, "Free Patri Ation". Le public, très réceptif, lui a réservé sa plus grosse affluence, et Patrice enchaîne ses hits. On entendra notamment He don't answer, Murderer (sur l'album "Ancient Spirit") jouée au mélodica, ou encore Another one.

Shaggy
C’est la grosse affiche de la grande scène. Entré sur un Bonafide girl qui fait toujours son effet, Shaggy est accompagné du chanteur barbadien Rayvon et de deux autres choristes, pour un show de professionnel. Mr Boombastic suit rapidement avec ses déhanchements, interprété dans une version remixée hip-hop/reggae. En duo ou en solo, Shaggy déroule les hits dans une ambiance festive et devant un public conquis : Hot gal sur le Showtime, enchaîné à Wild tonight, Angel, It wasn’t me, Hey sexy lady ou les plus récents Relationship et Church heathen… même des antiquités comme Big up sont saluées. Privilège rare au Summerjam, Shaggy aura le droit à un rappel le temps d’un Clothes drop au style vintage. Petit break pour introduire Feel the rush, l’hymne de l’Euro, et consoler les malheureux supporters allemands : la fête est alors à son apogée et se couronne par un Get up, stand up de Marley, pas forcément indispensable.

Common
Représentant du hip-hop américain, Common tranche avec la tonalité globale du festival mais attire un public de curieux et de connaisseurs devant la scène verte, alors que Shaggy fait le show de l’autre côté. Accompagné d’un groupe et d’un deejay (qui fera une petite démonstration de ses talents), Common sert un rap paisible emprunt de jazz et de soul, couronné par son hit Come Close. Il n’oublie pas non plus les influences jamaïcaines du hip-hop en toastant quelques versions reggae.

Sound systems
Pow Pow, Sentinel, Mighty Crown : l’affiche était alléchante, au point d'aller mouiller sa chemise dans l’atmosphère bouillante de la tente des sound systems, où la foule est tassée et en furie. Shaggy vient en renfort de Pow Pow et monte sur scène pour refaire quelques titres, dont Big up et Feel the rush. Pourtant, nous sommes surpris d’entendre des sélections plutôt faciles, à base de remixes assez bourrins ou de dubplates bashment bizarres. Nous savons que ce type de son est propre à remuer un public de festivalier, qui répond présent sur tous les morceaux, mais le tout nous semble manquer singulièrement de consistance et de nouveauté (malgré un joli dub du Fallen soldiers de Demarco par Sentinel).


Même folie pour les Japonais de Mighty Crown qui se contentent de segments classiques (singles et dubplates) déjà bien rôdés et souvent entendus. Le public pardonne visiblement ces facilités. L’ambiance est à la fête aussi bien du côté du public que des sounds, qui semblent déjà en vacances : le crew de Sentinel, Elmar en tête, s’amuse avec leurs accessoires (bateau en plastique et pistolets à eau), ce qui ne fait pas forcément rire la sécurité et les techniciens, obligés d’intervenir à deux reprises pour calmer les Mcs.


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Dimanche 06 juillet

Publication date : 07-15-2008
Summerjam 2008 au jour le jour
Dimanche 6 juillet 2008

Troisième et dernière journée du festival, traditionnellement plus grand public, le dimanche concentrait les spectacles principaux sur la grande scène, ce qui évitera les allers-retours incessants des jours précédents.

Derrick Morgan
Les festivités démarrent en ska, tôt dans l’après-midi, avec Derrick Morgan, qui succède à Dr. Ring Ding. Du haut de ses 68 ans et de ses 50 ans de carrière, le vétéran jamaïcain, père de Queen Ifrica, entre sur scène appuyé sur sa canne et se fait guider jusqu’au micro sous les applaudissements. Le groupe et sa section cuivre entament alors Reggae train. Le Ska king, très diminué, chantant difficilement et manquant un peu de coordination avec son groupe, nous communique cependant l’émotion et la chaleur de ses classiques des années 60 : Dont' call me daddy, In my heart ou Tell me darling . Derrick Morgan rend enfin un hommage appuyé à Desmond Dekker puis Toots Hibbert en reprenant son hit 54-46.

Ken Boothe
La nostalgie des années 60 et 70 perdure avec la montée en scène de Ken Boothe. Pour sa deuxième fois (seulement) au Summerjam, le crooner à la voix d'or se présente avec un groupe local, The Caroloregians. Souriant et décontracté, il arrive sur Freedom street, puis Crying over you. Après un court a cappella, il se lance dans When I fall in love et invite le public à chanter avec lui. Les versions sont longues et laissent la part belle aux musiciens et aux petits pas de danse inimitables de Ken Boothe. Dans une ambiance toujours aussi chaleureuse, nous entendrons des classiques comme Artibella, Is it because I’m black, Speak softky love, I’m gonna tell you good bye ou Moving away. On connaît bien le show de Ken Boothe, qui se termine en apothéose sur Everything I own, mais en cet après-midi ensoleillé, le plaisir est intact.

Tosh meets Marley
On allait enfin découvrir ce curieux concept baptisé Tosh meets Marley. Derrière cette affiche au nom déroutant se cache en réalité un combo de musiciens toutes dreadlocks dehors, emmené par le guitariste Junior Marvin et le bassiste Fully Fullwood. Au programme, une alternance de chansons de Bob et de Peter, comme on pouvait s’y attendre. Le son est lourd et jamaïcain mais le choix des morceaux (les plus connus) et leur reprise au millimètre laissent peu de place à la surprise.

Dub Incorporation
Au milieu de ce plateau international, les Français de Dub Incorporation auront parfaitement tiré leur épingle du jeu. Il a beau être tôt dans la journée, un public nombreux est venu les applaudir sur la petite scène pour leur deuxième passage au Summerjam. En plus, des morceaux désormais classiques de la formation stéphanoise, l'essentiel du show est composé des morceaux du dernier album, "Afrikya". Petit Soldat, Tiens bon et Djamila et sa longue intro orientale s'attirent d'ailleurs de jolies réactions. Une partie des premiers rangs entonnent les refrains en français, et un drapeau bleu-blanc-rouge flotte... Pari réussi.

Cocoa Tea
Absent de nos contrées depuis un moment, c'est un plaisir de revoir Cocoa Tea sur scène. En dépit d'un nouvel album à venir cet été, Cocoa Tea enfile ses classiques dans un show très similaire aux précédents. Après son entrée fidèle sur la reprise de Marley Rastaman chant, Cocoa Tea ouvre le bal sur Stand up straight et Rikers Island, repris en chœur par une grande partie du public. L’enchaînement Come again, I’ve lost my Sonia, Love me truly et She loves me now est toujours du meilleur effet et la gente féminine dans le public semble particulièrement apprécier. Good life sur le Party time et Israel’s King sur le One drop (encore un riddim de Marley !) viendront calmer un peu les esprits, avant que les classiques riddims Far East (Tune in) et Queen majesty (Cannot be real) ne viennent rallumer le feu. Mount Zion et Hurry up and come sur le riddim de No woman no cry clôturent ce concert irréprochable : Cocoa Tea quitte la scène sous un tonnerre d’applaudissements. Il reviendra pour Too young, très appréciée, et surtout la seule nouvelle chanson du show, son single récent et engagé, Barack Obama, qui déclenche des réactions à peine croyables.

Etana
Programmée pour un quart d’heure avant Luciano et appuyée par le Jah Messenger band, Etana bénéficiera d’une tolérance bienvenue pour sa première scène en Europe qui lui permettra d’interpréter quelques singles, issus pour la plupart de son album, "The strong one" : d’abord le très entraînant Jah chariot, I’m not afraid, le magnifique Roots, puis la balade soul We no want no trouble et enfin, Money don’t move. La voix est maîtrisée, le style original et réjouissant. Avant de quitter la scène, Etana se fend d’une superbe reprise de Redemption song, peut-être la plus belle reprise de Marley qu’il nous sera donné d’entendre pendant ces trois jours. Nous sommes agréablement surpris par cette courte prestation, qui sera l’un de nos coups de cœur du festival.

Luciano
Pour une fois, le Messenjah n’est pas accompagné de Dean Fraser qui a déjà quitté les lieux pour suivre la tournée de son nouveau poulain, Tarrus Riley. Le show sera en tous points similaire à celui du Reggae Live Tour à Paris. La mécanique est parfaitement huilée et Luciano, qui entre en scène avec de petites lunettes et un porte-document, se montrera énergique et souriant, le public le lui rendant au mieux.

Stephen Marley
Optimistes, nous pensions que Stephen allait nous offrir quelques clins d’œil à ses productions, bien plus intéressantes que les reprises de Marley. Nous nous attendions même à entendre le riddim The mission qui a récemment squatté le haut de charts en Jamaïque. En vain, le fils Marley sera resté dans la droite ligne familiale en alternant ses morceaux les plus connus (Chase dem, Mind control, Hey baby, Lonely Avenue, Let her dance, Iron bars, Inna di red ou Traffic jam) avec des reprises de papa comme Punky reggae party, Duppy conqueror, No woman no cry (pour la troisième fois du festival), Buffalo soldier, Jamming ou Could you be loved pour finir. Une chanson de Stephen, puis une chanson de Bob : le rythme est tellement régulier que nous frôlons l’overdose. L'ombre de Bob Marley planera jusqu'au rappel, qui lui est exclusivement consacré avec Chant down Babylon, Burnin’ and lootin’ et Get up stand up. Alors que Stephen entame une dernière chanson, un One love assez logique, le traditionnel feu d’artifice de clôture du festival vient se caler dans le rythme et signe la fin de cette 23ème édition.


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Reactions

Publication date : 07-15-2008
Summerjam 2008 au jour le jour

16 Comments
General appreciation :

C'était la première fois que j'assistais à ce type de festival. C'était super je me suis bien amusée. Pour moi pendant 3 jours j'étais au paradis car j'adore le reggae et c'est le seul type de musique qui me fait me sentir bien. Félicitation ! Le Summerjam est un festival que toute personne qui raffole du reggae devrait y assister au moins une fois dans sa vie. J'espère y participer l'année prochaine ou a d'autre festival de ce genre. Encore félicitation pour l'organisation et les artistes qui grâce à leur fabuleuse voix nous ont fait vibrer voir même avoir des frissons. Love yu Jah Cure !!!

Le summerjam cette annee etait excellent!
Tout le monde que j'ai vu etait genial, mes artistes preferes etant ky-mani, alpha , alborosie et queen Ifrica
roots rock reggae
vivement lannee prochaine
-- bon article ;)

moi j'y étais je peut vous dire une chose "queen ifrica" elle fracasse!!!!
je pense que certain non pas realisé que au moment ou elle a chanté truc de fou, tout le monde paralisé par sa prestation. Quand je suis rentré je n'avais que son blaz a la bouche ! je repete elle tue cette nana!!! sa c'est du son!!! j'en n'ai eu pour mon cash rien qu'avec elle!!! je confirme les absents ont eu tort!!!!

super article sur le sumerjam !!! super complet !!!
rien sur le sumfest, la performance des artistes et sur la querelle entre Bennie et Bounty ?

Ke dire ke dire... a part que j'avais oublié ma palce de concert...du coup obligé d'en repayer une...Merci Toinette et Pierrot !!!

sinom que du bonheur pour tous les fans de reggae..même les plus aigris...Perso un gros big up à Collie Budz et Shaggy...meme si se ne sont pas mes artistes préférés il fo bien reconnaitre qu ils ont su mettre le feu !!!!
Quand à l'organisation Impeccable !!! même si un peu plus de souplesse et d'"impro" n'auraient, parfaois pas faient de mal....
Al'année prochaine...C'est SUR !!!!!!

Quelle belle expérience ce summerjam c était vraiment un festival super !! Merci a Patrice et a Shaggy je trouve que leur conccert on était ceux qui avait le plus d ambiance :) peace

je ne suis pas d'accord avec vous lady saw a était trés décevente et certaine de ses paroles était bidon par contre queen ifrica a relevée le niveau sa performance a était plus qu'honorable et ses lyrics sont réfléchit!respect!quand a cécile c'état bien aussi mais sans plus!

3 jours uniques !!!du bon son une météo vraiment op des artistes qui ont su donner de bonnes vib'z....!!!!un camping de feu...rendez vous l'année prochaine avec la grace.......summerjam 2008 des souvenirs plein la tete!!!!!

busy jouait bien en face d un allemand mais ct pas patrice...

busy signal qui chantait en même temps que patrice (il me semble) a été l'Artiste dancehall de ces trois jours!!! de bons lyrics, une démonstration d'entertainment et de flow exemplaire!! big up a ceux qui étaient là...!
j'ai énormément kiffé le show de pressure le lendemain! deux artistes a suivre et a ne pas manquer quand ils viendront en france. (busy et vegas ont donné un show le samedi a coté de paname qqun y est allé??)

Super festival,super artiste mais trop de "Polizei" sur le camping.A l'année prochaine sans faute

Trop énorme, 3 jours inoubliables avec des super artistes comme alborosie, patrice, luciano, Stephen Marley et les autres. Vivement l'année prochaine !!!
Grosse mission Summerjam 2009 pour les Français !

Big Up pour le reportage Reggae France ;) on vous au festival :) du bon boulot avec la roots attitude ;) continuez comme ça...!! :)

J'ai du annuler cet évènement au dernier moment...Je suis dég! j'ai raté pas mal d'artistes qui ne joueront pas en Europe avant un moment. vous savez s'ils vont faire un DVD? L'article est très bien, encore une fois! Merci reggaefrance!

Enorme, encore une fois. Clair que Dub inc sur scène c'est a voire, alors au summerjam =D
Le concert de Patrice était ... j'ai pas de mot.
peace

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