Archive en lecture seule du forum Reggaefrance (2002-2020)

SACEM et Sound System

Dans Discussion générale · 63 messages · 2011-2013 · page 4 sur 5

Dawa SelectaVétéran1 542 messages

27 février 2011 à 12:03

guillaumebougard a écrit :
Je veux pas faire le chieur qui joue au professeur, mais c'est pas forcement l'artiste, mais l'AUTEUR COMPOSITEUR qui va etre content. Je prrofite de ce post pour rappeler un truc de base qui peut servir:

Sacem = droits payes aux editeurs pour les auteurs-compositeurs
Adami = droits payes aux interpretes
Spedidam = droits payes aux musiciens

La Sacem percoit des paiements:

1. par l'intermediaire de sa filiale SDRM = droit de reproduction mecanique (en bref, quand tu sors un CD, tu achetes le droit de reproduire une oeuvre et tu paies le producteur d'une part et l'editeur d'autre part pour avoir le droit de commercialiser ton CD). La SDRM percoit environ 9% du prix de gros (environ 5E).
2. directement = droits payes par les radios, les salles, bars, supermarches et tous les endroits publics qui diffusent de la musique, droits sur musiques de film, etc...

L'Adami et la Spedidam percoivent des sommes sur les diffusions radios, sur la redevance payee a l'achat de supports vierges (CD, DVD, disques durs, Iphone, etc...). Autant la perception de la Sacem est plutot facile a calculer et les redevances aussi, autant la spedidam et l'adami sont parfaitement imbitables et il faudrait vraiment faire quelque chose pour parvenir a plus de transparence, plus de lisibilite. Meme quand j'ai bosse avec Andre Bertrand sur le sujet, on n'a jamais pu connaitre leurs formules de calcul... Tres agacant!


il y a aussi la SCPP et SPPF
une vrai mafia tout ça :rocket:
guillaumebougardAccro934 messages

27 février 2011 à 16:28

Dawa Selecta a écrit :
il y a aussi la SCPP et SPPF
une vrai mafia tout ça


Oui, tu as raison, ces deux entites ont pour objet d'aider les producteurs.

Par contre je ne vois pas en quoi ce sont des mafias
P4p4Fidèle198 messages

27 février 2011 à 21:20

bah .surtout que la en l occurence scpp et scpf sont plutot dans le soutien aux prod ..la scpf etant meme souvent proches des indés ..alors mafia je vois pas trop non plus ??
plus je connais l homme,plus je m en eloigne..
Dawa SelectaVétéran1 542 messages

28 février 2011 à 13:10

c'est tout le systeme qu'est une mafia ( Sacem & Co )
tu peux rien organisé sans te faire racketté et c'est une poignée d'artistes qui encaissent le pactole.
pour la web radio ils m'ont réclamé un forfait de 650 euros pour l'année
je penses pas qui vont les reverser à des artistes Jamaiquains .

------------------------------------------------------------------------------------------

un article interessant
par Aymeric Pontier

Le lobby des ayants-droit est une mafia

Regardons la situation en face. Les maisons de disques sont dirigées par des incompétents notoires qui n’ont pas vu venir la révolution numérique alors même qu’elle était annoncée depuis des décennies, des inaptes qui se révèlent incapables d’y faire face depuis bientôt une vingtaine d’années et qui, de ce fait, mettent gravement en péril la santé économique de leurs entreprises et les mènent vers une faillite probable. Avec le soutien actif des sociétés d’ayants-droit, les maisons de disques et les fournisseurs de contenus forment un groupuscule rentier qui est basé sur le mensonge, la manipulation, le racket et la corruption.

La réalité est limpide : le lobby musical est une mafia. Tout comme la mafia calabraise rackette les petits commerçants du Sud de l’Italie sous prétexte d’assurer leur sécurité, la mafia de la musique rackette les artistes sous prétexte d’assurer leur succès. La seule différence, c’est que la seconde ne fait pas tuer ceux qui lui résistent, elle se contente de tuer leurs carrière grâce à sa main-mise sur les réseaux de distribution. C’est beaucoup plus pratique, et ça ne cause pas d’ennuis avec la justice.

Pour s’en convaincre, il suffit de se remémorer ce rapport explosif sur les sociétés d’ayants-droit de la Cour des Comptes, paru en Avril 2010, qui est passé presque inaperçu. On y trouve confirmation de tout ce que l’on pouvait supposer : le vol organisé des artistes et des auteurs dont elles sont "sensées" défendre les intérêts via des manipulations comptables à peine déguisées, et l’imputation de la responsabilité de la moindre rémunération des artistes aux internautes pirates, ces merveilleux bouc-émissaires.

Citons juste un petit extrait éclairant : "Cet amas de sociétés organisées en poupée russe ou en étages, génère des frais de gestion galopants. Dans cette usine à gaz, chaque société facture ses services à une autre société, ce qui a le mérite de gonfler la note au final. Et le malheureux avantage d’éviter que les sommes perçues ou récoltées (rémunération pour copie privée) passent directement dans la case "artiste" qu’on dit floués par le téléchargement gratuit et hors marché sur le net."

Ces détournements sont bien évidemment permis par le monopole de fait (sur la récolte de l’argent prélevé au nom de la création) que ces sociétés possèdent, entretiennent et défendent farouchement. Et il ne s’agit pas ici d’une spécificité française, loin de là. L’Europe, et même les USA, ont été contaminés par ces méthodes scélérates. Il y a quelques années, la Commission Européenne a bien tenté d’y remédier, mais elle a du faire marche arrière suite aux pressions des différents gouvernements phagocytés par ce lobby apparemment tout-puissant…

La mafia du secteur musical n’a d’ailleurs aucune limite dans l’indécence hypocrite qui la caractérise. Elle vient de demander une hausse vertigineuse sur la copie privée, jusqu’à 800 % sur certains produits ! La bonne blague du mois : gagner du fric en taxant d’un côté une activité qu’elle cherche absolument à détruire de l’autre…

Le pire, c’est que même les artistes se laissent embobiner ! Ils n’ont pas compris qui étaient leurs ennemis véritables. Ces derniers se sont si profondément incrustés dans leurs jugulaires afin de pomper tout ce qu’ils pouvaient, que les créateurs sont apparemment incapables de voir ces tiques monstrueuses accrochées à leurs gorges.
guillaumebougardAccro934 messages

28 février 2011 à 15:34

Dawa Selecta a écrit :c'est tout le systeme qu'est une mafia ( Sacem & Co )
tu peux rien organisé sans te faire racketté et c'est une poignée d'artistes qui encaissent le pactole.
pour la web radio ils m'ont réclamé un forfait de 650 euros pour l'année
je penses pas qui vont les reverser à des artistes Jamaiquains .


En tout cas, le principe est simple: tu utilises de la musique qui ne t'appartient pas, il semble normal que tu paies un droit d'utilisation. Si 650E pour avoir le droit d'utiliser de la musique sur ta radio te parait excessif, il convient peut etre d'avoir le decompte du nombre d'auditeurs de ta radio.

En tout cas, rassure toi, les editeurs jamaicains finiront pas recevoir des redevances sur ton forfait.

Quant a l'article que tu reprends, il semble avoir ete ecrit rapidement, car meme si la Sacem et les autres societes satellites ne sont pas exemptes de reproches (voir mes autres commentaires), il ne faut pas les accuser de choses fausses, mais plutot de les faire changer par les voies juridiques. Ca marche (pas a tous les coups, faut etre tres tres bien organise), je peux t'en parler.
guillaumebougardAccro934 messages

28 février 2011 à 15:38

Je viens de voir ta radio, tu as actuellement 12 auditeurs, c'est vrai que c'est aps des masses. enfin 650E c'est moins de 2E/jour...

en tout cas, ton playlist est bad!
Dawa SelectaVétéran1 542 messages

28 février 2011 à 19:54

guillaumebougard a écrit :En tout cas, rassure toi, les editeurs jamaicains finiront pas recevoir des redevances sur ton forfait.


Yes Guillaume, ça j'en doute
pour le cas de la web radio ce sont que des mixtapes qui passent
à qui revient les droits d'auteurs ? le selecta qui à fait la sélection ou les artistent qui y sont jouer.
si un jour on à l'occasion de se croiser , on pourra en parler en direct :wink:
guillaumebougardAccro934 messages

28 février 2011 à 21:11

Dawa Selecta a écrit :
guillaumebougard a écrit :En tout cas, rassure toi, les editeurs jamaicains finiront pas recevoir des redevances sur ton forfait.


Yes Guillaume, ça j'en doute
pour le cas de la web radio ce sont que des mixtapes qui passent
à qui revient les droits d'auteurs ? le selecta qui à fait la sélection ou les artistent qui y sont jouer.
si un jour on à l'occasion de se croiser , on pourra en parler en direct :wink:


Les droits d'auteur reviennent aux editeurs des auteurs compositeurs que tu inscris sur tes declarations: sur le lien suivant, a titre d'exemple, voici la repartition de Caan Dun de Shabba

Les auteurs compositeurs sont
Wycliffe Johnson Cleveland Browne / Rexton Gordon

Sur le site de l'Ascap aux US, tu rentres le nom du titre de la chanson et tu as toutes les infos concernant les droits d'edition

1. CA AN DUN Work ID: 330477480
ISWC: T0702598126
Writers:
BROWNE CLEVELAND CONSTANTINE
GORDON GREVILLE GARVILLE
GORDON REXTON
JOHNSON WYCLIFFE

Performers:
RANKS S
SHABBA RANKS

Variations:
CA AN DUN (X RATED)
CAAN DUN
CAAN DUN (X RATED)

Publishers/Administrators:
AUNT HILDA'S MUSIC INC
C/O UNIVERSAL MUSIC-Z TUNES LLC
2100 COLORADO AVENUE
SANTA MONICA, CA, 91404
Tel. (310) 235-4700
Email: [adresse retirée]

EMI APRIL MUSIC INC
C/O EMI MUSIC PUBLISHING ATTN: AUDREY ASHBY
75 9TH AVE FL 4
NEW YORK, NY, 10011
Tel. (212) 492-1200
Email: [adresse retirée]

SONY/ATV TUNES LLC
ATTN: ADMINISTRATION
8 MUSIC SQUARE WEST
NASHVILLE, TN, 37203
Tel. (615) 743-1779

UNIVERSAL MUSIC-Z TUNES LLC
2100 COLORADO AVENUE
SANTA MONICA, CA, 91404
Tel. (310) 235-4700

Donc si tu joues Caan Dun, une partie des redevances que tu paies a la Sacem est viree par la Sacem a l'Ascap, qui vire aux publishers dont la liste figure ci-dessus, qui ensuite virent leur part respective a chacun des auteurs compositeurs. Tu peux etre sur que les mecs surveillent grave, les Sean Paul et Shaggy se sont fait des couilles en or grace au publishing, mais des mecs moins big percoivent de quoi mettre du beurre dans les epinards.

C'est pas parceque a ton niveau c'est minime qu'il faut croire que les jamaicains sont niques. A force de petits webradios comme la tienne, ca s'additionne et ca finit par faire des sommes pas ridicules, seen? Comme disent les Jamaicains: Every mickle mek a mockle.

C'est pour ca que je dis avec insistance que

1. les droits Sacem doivent etre payes et
2. les auteurs compositeurs doivent suivre ca grave.

Exemple: meme si le Bam bam vend plus un radis, il continue d'etre joue et je sais que Chaka D + Pliers et S&R touchent des sous tous les trimestres sur ce cut. C'est magique.
Dawa SelectaVétéran1 542 messages

28 février 2011 à 22:16

si certains producteurs français lisent ce post ... ils pourraient donner leurs avis
tous ces petits labels qui pressent quelques exemplaires de leurs galettes 300, 500 , 700 , 1000 , 2000 ex
je serais curieux de savoir si la sacem pense à eux :?:
guillaumebougardAccro934 messages

28 février 2011 à 22:29

Dawa Selecta a écrit :si certains producteurs français lisent ce post ... ils pourraient donner leurs avis
tous ces petits labels qui pressent quelques exemplaires de leurs galettes 300, 500 , 700 , 1000 , 2000 ex
je serais curieux de savoir si la sacem pense à eux :?:


Un peu qu'elle pense aux labels!!! Pour avoir le droit de presser des CD commercialises, il faut payer la SDRM, filiale de la SACEM (voir mon post plus haut), le montant represente 9% du prix de gros hors taxe. Les gros labels et les majors paient a posteriori sur les ventes reellement effectuees, tandis que les petits doivent payer d'avance sur les quantites pressees, ce qui les penalise doublement, vu qu'elles doivent

1. avancer la thune au moment ou elles en ont besoin pour faire de la promo
2. payer sur toutes les quantites pressees, alors qu'on sait bien que tout n'est pas vendu immediatement ou meme tout court!

Dans les pays anglo saxons (plutot anglos que saxons, d'ailleurs) ca fonctionne differemment: les labels ne passent pas par les Sacem et traitent direct avec les editeurs, avec lesquels ils negocient un taux, et on est souvent a 75% des 9% reglementaires ou meme moins. Ca economise des droits pour les labels mais ca defavorise les auteurs compositeurs. Mais au moins c'est un truc plus souple qui elimine une societe qui prend 17% de frais de fonctionnement, donc ca revient au meme et la thune circule plus rapidement. Donc une fois de plus, les Ricains sont plus souples, plus business, plus pragmatiques, plus efficaces et moins jacobins, mais la, je vais me faire allumer par la brigade rouge qui rode sur ce forum parce que je dis du bien des Americains!
zonardVétéran1 245 messages

4 mars 2011 à 15:00

Discussion très intéressante, je la suis depuis quelques jours et c'est très instructif, notamment tes messages Guillaume. C'est précis et clairement vécu "de l'intérieur".

D'ailleurs Guillaume, pourrais-tu STP faire la même recherche que pour le cut de Shabba qui tu as pris en exemple mais sur un truc plus obscur ?
Je prends un exemple tiré directement de la playlist du dernier mix de Dawa Selecta et qui donc sera diffusé sur sa webradio pour laquelle il s'acquitte des droits Sacem :
John Earl – I Need Someone To Love / 7" Water Lilly

Je serai curieux de voir ce que donne la recherche Ascap sur un tel morceau... car je n'ai pas trouvé comment cherche (il faut vraisemblablement un login).

Merci d'avance
guillaumebougardAccro934 messages

4 mars 2011 à 17:49

zonard a écrit :Discussion très intéressante, je la suis depuis quelques jours et c'est très instructif, notamment tes messages Guillaume. C'est précis et clairement vécu "de l'intérieur".

D'ailleurs Guillaume, pourrais-tu STP faire la même recherche que pour le cut de Shabba qui tu as pris en exemple mais sur un truc plus obscur ?
Je prends un exemple tiré directement de la playlist du dernier mix de Dawa Selecta et qui donc sera diffusé sur sa webradio pour laquelle il s'acquitte des droits Sacem :
John Earl – I Need Someone To Love / 7" Water Lilly

Je serai curieux de voir ce que donne la recherche Ascap sur un tel morceau... car je n'ai pas trouvé comment cherche (il faut vraisemblablement un login).


Pas besoin de login ni mot de passe
Tu vas sur ascap.com
ensuite en haut de la page tu as un lien Ascap repertory
ACE / Repertory
Find Titles, Writers, Publishers and more
tu clickes dessus, ensuite tu arrives sur une page ou il faut cliquer sur
CLICK HERE TO SEARCH THE DATABASE >>>
et apres c'est assez automatique, tu rentres soit le titre de la tune, soit les auteurs/compositeurs, soit le performer, et apres tu tombes sur la liste des cuts qui ont le titre (souvent il y a plusieurs chansons qui ont le meme titre) et en cherchant un peu, tu trouves l'info que tu cherches. Si tu trouves pas sur ascap, tu vas sur le site du concurrent d'Ascap, la BMI: bmi.com, tu cliques sur search et ensuite cest tres simple.

Pour ce qui est de John Earl, j'ai pas trouve en rentrant le nom du performer, par contre tu as pas mal de chansons intitulees I need somebody to love. Je vois sur le youtube que sur la rondelle, on mentionne un nom que je n'arrive pas a dechiffrer sous le titre de la chanson. avec cette info, tu dois pouvoir avancer a pas de geants!!!
zonardVétéran1 245 messages

8 mars 2011 à 09:28

Merci pour le tuyau, j'avais pas trouvé la première fois.
Je crois que je vais passer un peu de temps là dessus maintenant !
A+
guillaumebougardAccro934 messages

8 mars 2011 à 10:03

zonard a écrit :Merci pour le tuyau, j'avais pas trouvé la première fois.
Je crois que je vais passer un peu de temps là dessus maintenant !
A+

Si t'as besoin d'1 coup de main email moi [adresse retirée]
zonardVétéran1 245 messages

10 mars 2011 à 22:10

C'est noté ;) merci