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INTERVIEW : BRONCO KNOWLEDGE

Bronco Knowledge

 
Propos recueillis par : Sébastien Jobart
Photos : DR
le mercredi 23 mai 2012 - 9 868 vues

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Trenchtown, Jamaïque. Le quartier de Kingston est l'épicentre de la rébellion rasta. Joe Higgs, Delroy Wilson, Alton Ellis, Leroy Smart, Bunny Wailer, Bob Marley… tous ont grandi entre la 1ere et la 7e rue, chantées par Bob Marley dans Natty Dread. C'est aussi là que grandissent les membres de Knowledge : Michael Smith, Anthony Doyley, Earl "Rockman" McFarlane, Michael Samuels… et Delroy "Bronco" Fowlin. Dernier représentant de la formation encore actif, Bronco Knowledge a quitté Trenchtown en 2000 pour s'installer en Angleterre, avant de rejoindre l'Hexagone.

Bob Marley, Claudie Massop, Tappa Zukie, Bunny Lee, Haile Selassie… Bronco Knowledge remonte le temps. Le savoir est une arme et Bronco le sait bien. Quand on l'interroge, c'est l'histoire complète qu'il livre, avec ses protagonistes et ses détails. De quoi transformer un article en manuscrit...



Reggaefrance / Tous les membres de Knowledge viennent de Trenchtown. Vous vous connaissiez depuis l'enfance ?
Bronco Knowledge / On allait à l'école ensemble, on jouait au football ensemble, jusqu'au moment où nous avons adopté les principes rastas et porter des dreadlocks. Nous étions de jeunes rastas de Trenchtown, c'est une partie de Kingston où les artistes sont nombreux et vivaient tous ensemble, du temps des 60s et surtout au 70s : Bob Marley, Bunny Wailer, Peter Tosh, Joe Higgs, Dennis Brown, Toots, Delroy Wilson, Ken Boothe, Leroy Smart... Beaucoup d'artistes viennent de Trenchtown... C'était une grande influence pour Knowledge.

Comment avez-vous appris la musique ?
J'aime la musique depuis que je suis enfant. Avant d'être chanteur, j'étais danseur depuis l'âge de 13 ans. J'avais un groupe de danseurs, Firing Squad. On s'affrontait avec d'autres groupes de danseurs. On a changé de nom pour Scorpion Dance Group, puis Roach Dance Group. On a gagné beaucoup de médailles dans les compétitions et festivals, c'était l'époque de l'indépendance de la Jamaïque (dont on fête cette année les 50 ans, ndlr). C'était il y a longtemps, bien avant que Bogle se mette à danser. Il adorait comme on dansait. Quand on a arrêté de danser pour se lancer dans la musique, Bogle lui a continué de danser et a gagné sa popularité. Quand on était jeune et qu'on allait à l'école, mon chanteur préféré était Bob Marley. J'adorais écouter et danser sur ses chansons, par exemple Simmer down. De tous, les Wailers restent mes chanteurs préférés. Ils ont creusé si profond dans le roots... J'adorais danser, mais je me disais que si je pouvais danser et chanter...

En 1973, j'étais le premier tous ces jeunes rastas à acheter une guitare. J'ai appris à en jouer avec Vincent Ford, on l'appelle Tata, c'est lui qui a écrit No Woman No Cry. Tous ensemble sous le manguier... C'est comme ça que j'ai appris. On était décidé à se lancer sérieusement. On voulait enregistrer, mais on n'avait pas d'opportunité. Et on n'a pas spécialement poussé à le faire. On ne faisait pas ça pour la gloire. On adorait chanter et jouer de la musique, ça nous suffisait à l'époque.

A l'époque, on n'achetait rien chez le marchand, s'il fallait de l'eau on allait en chercher dans la rivière. On faisait Kingston-Westmoreland à pied, ça nous prenait 7 jours et 7 nuits. Nous étions très liés. Mais Anthony et Rockman ont quitté notre syndicat se sont associé à Michael Smith, et Michael Sammers. Ils ont formé un groupe, et m'ont proposé de les rejoindre. Parce qu'avec Tata, on avait déjà chanté ensemble Hail Dread, Population know it all avant de former le groupe Knowlege. On a commencé à répéter ensemble, mais on n'avait pas encore de nom.

C'est finalement Tappa Zukie qui produira votre premier album...
Un jour, un frère appelé Nigga Charlie nous a introduits à Tappa Zukie. Je le connaissais depuis longtemps quand il trainait à Greenwich Farm, mais à l'époque, il n'était pas du tout dans la musique. Entretemps, il était devenu producteur... Tappa a écouté, et bien aimé. On voulait faire l'expérience de l'enregistrement de musique, donc on a accepté de travailler avec lui. Le premier studio où on est allé enregistrer était le Black Ark de Lee Perry. La première chanson était Zion we want to go, la première chanson que je chantais en lead. Doyley a chanté les trois autres : Population know it all, Make faith, What's yours. Sly & Robbie jouaient les riddims... On a commencé à enregistrer, et on a cherché un nom. Ça nous a pris des jours, des mois, de concertation. Avec nos chansons culturelles, nous étions tous d'accord pour Knowledge. On a pris ce nom en 1977.

   Je lui ai dit "Claudie [Massop], no disrespect, mais nous sommes de Rema, nous avons grandi à Trenchtown, nous sommes ruff aussi".    

La musique de Knowledge s'inscrit dans le roots rockers initié par Bunny Lee et les Aggrovators...
Bunny Lee était celui qui a inspiré Tappa Zukie. C'est lui qui lui a appris les ficelles du métier de producteur. Il est le premier à lui avoir donner des riddims, et Tappa allait chercher des artistes pour chanter dessus. C'est pour ça que Bunny Lee aimait tellement Tappa, comme il était tout le temps en Angleterre pour voir Fatman... Ils se sont associés. Ils ont même tous les deux une fine cicatrice sur le visage... On aurait dit un père et son fils.

Parlons du morceau Let us all, l'un des faits d'armes de Knowledge.
Let us all, ce n'était pas la production de Tappa Zukie, mais la nôtre. Je vais te raconter la vérité. Je te parle de ce que j'ai vu, ce que je sais. Comme le disais Bob Marley, pour certains, la vérité est une offense, mais pas un péché. La voici : quand on a donné l'album à Tappa Zukie en 1977, il est allé en Angleterre voir la maison de disques A&M. Nous étions les premiers artistes noirs signés chez eux. Ils étaient heureux de cet album. A cette époque en Angleterre tu pouvais voir de grands panneaux publicitaires pour Knowledge.

Et puis il y a ce célèbre rudeboy, Claudie Massop (gunman du JLP, il a co-organisé avec Bucky Marshall le Peace Concert en 1978, ndlr). Claudie Massop voyait Tappa Zukie partir en Angleterre, ramener de l'argent, rouler en BMW. Il a fouillé un peu et découvert que cet album signé chez A&M pourrait lui rapporter de l'argent. C'est ce qui a causé notre séparation. Beaucoup de producteurs sont comme cela : ils viennent te voir toi, un jeune sufferer du ghetto, ils voient ton potentiel, écoute ta bonne musique. Ensuite ils te font de belles promesses, se font de l'argent avec ta musique, et toi tu ne peux même pas nourrir ta famille. Au début, Tappa Zukie n'était pas Mr Want-it-all. Mais quand on a été signés, il est devenu un chien qui ne voulait plus lâcher son os, et nous n'avions que de l'argent de poche pour toute rémunération. Il nous racontait des mensonges.

Claudie Massop est revenu d'Angleterre et s'est dit qu'il pouvait mieux s'occuper de nous que Tappa Zukie grâce à ses connections de rudeboy. Il nous a fait venir à Tivoli Gardens. C'était quelqu'un de sérieux qui écoutait les gens. J'ai écouté ses propositions. Il pouvait nous trouver des concerts, des groupes avec qui répéter, comme le groupe de danseurs New Vibration... Les autres membres de Knowledge n'avaient pas la force de parler, car ils avaient peur. Je n'avais pas peur et j'ai parlé. J'ai dit : ''Claudie, tu es un big man, et si nous travaillions pour toi, tu serais comme un Don pour nous, on ne pourrait pas te laisser tomber. Mais on n'échange pas un mal pour un pis. Claudie, no disrespect, mais nous sommes de Rema, avons grandi à Trenchtown, nous sommes ruff aussi. Nous quittons Tappa Zukie à cause de sa corruption, et nous ne voulons pas aller ailleurs sans être sûr que tout soit réglo''. Il a rigolé et a dit : ''Je comprends. Méfie-toi de Tappa Zukie car il fait beaucoup d'argent, mais il ne vous reviendra pas.'' Il nous a mis en garde, et c'est comme ça qu'on a quitté Tappa et qu'on a commencé à se produire nous-mêmes. Comme on dit chez nous, ''Every mickles make a muckle'' (''les petits ruisseaux font les grandes rivières'') mais ce qu'il nous a donné, c'était vraiment ''a likkle mickle'', de la monnaie de singe. C'est avec ça qu'on a pu produire notre second album, ''Judgement''. Et c'est ainsi que Let Us All est notre production.

Encore une fois, c'est un texte puissant et...
(Il coupe) Ce que dit le morceau, ''Let us all stand up and try not to fall'', c'est ce qu'on pensait : on voulait finir l'album et aller voir nous-mêmes A&M, sans passer par Tappa Zukie. Mais des choses étranges sont arrivées à cette époque. L'argent qu'on avait pour faire l'album ne suffisait pas. On est allé voir notre frère Bob Marley pour qu'il nous prête de l'argent, 10 000 JAM$, pour finir l'album. Mais c'est une réponse étrange que nous avons eu de sa part, lui qui était notre aîné dans l'industrie musicale. On ne pensait pas que Knowledge pourrait être une menace pour qui que ce soit, car on ne voyait pas la musique comme une compétition. Nous voulions diffuser le message comme les Wailers... Bob nous a dit : ''Knowledge, this music thing is a competition''. On lui a demandé ce qu'il voulait dire. Il nous a répondu qu'il nous aurait bien prêté l'argent, mais qu'il ne pouvait pas se permettre de laisser cet argent faire de nous et de la maison de disques des multimillionnaires. A l'époque, il était chez Island avec Chris Blackwell. Et A&M était une autre maison de disques qui aurait pu s'enrichir avec notre musique... A l'époque, je ne savais pas qu'il pensait que ce que jouait Knowledge était si bon. La menace musicale pour lui, à l'époque, c'était Third World.

J'étais au National Stadium et j'ai assisté au clash entre Bob Marley et Third World. Nous étions tous du côté de Bob, en tant que ghetto youth de Trenchtown. Il était mon idole... Je ne lui en ai jamais voulu, mais il faisait partie du système, du système musical. Il voyait tout ça comme une compétition. Nous n'avons pas pu finir l'album. Nos relations avec lui en ont pâti, et avec A&M aussi, parce que Tappa Zukie n'en avait plus rien à faire. Il n'a rien fait d'aucune façon pour nous sortir de là et nous permettre d'avoir cet argent. Ce qu'il voulait, c'était tout verrouiller, de sorte qu'on soit obligés de passer par lui et de se plier à ses conditions qui étaient de lui donner encore plus de notre musique. Bien sûr, nous avons refusé, pourquoi aurions-nous donné encore plus de musique dans ces conditions ? On n'a jamais pu se connecter à A&M car il était le seul à les connaître. Nous étions maintenus dans l'obscurité. Et puis un jour, ce deal avec A&M n'existait plus.

Comment avez-vous achevé l'album ?
Nous pardonnons, mais nous n'oublions pas. Nous avons continué à voir Bob. Je me souviens d'un jour à Hope Road où nous étions avec d'autres jeunes de Trenchtown. Bob nous accueillait car il savait que Trenchtown était sa base, que la plupart de sa connaissance musicale lui venait d'ici. Comme Peter Tosh, il n'est pas né dans le ghetto, il vient de la campagne, no disrespect. A l'inverse de Bunny Wailer, qui est un Trenchtownien de naissance, son père vivait sur 2nd Street, au même endroit que les parents de Delroy Wilson... C'est Trenchtown qui a fait de lui un personnage si fort et puissant dans l'industrie du reggae, et il voyait bien notre situation et le fait qu'on avait besoin d'assistance pour faire ce qu'on voulait faire pour Trenchtown. Il pensait : ''Dans le monde difficile de l'industrie musicale, je n'ai pas pu aider ces petits jeunes comme je dû le faire, je vais maintenant essayer''.

Ce jour-là, Bob Marley nous a dit : ''Knowledge et tous les gens de Trenchtown, cette tournée est pour vous''. C'était ce qui se révèlera être sa dernière tournée, il partait pour Miami, dans l'idée de revenir faire quelque chose pour nous. Mais il n'est jamais revenu. Nous avons entendu cette nouvelle étrange, qu'il s'était effondré sur scène, qu'il était malade et qu'il allait mourir. On n'y a pas cru, on pensait que c'était des conneries. Bob Marley ne peut pas mourir ! Personne n'y croyait. Avant cela, il avait demandé à Sangie, son fidèle acolyte, d'aller voir Rita Marley pour qu'elle nous donne de l'argent. Sangie est venu nous l'annoncer lui-même à Trenchtown. On était contents d'entendre ça. Nous sommes retournés à Hope Road pour les voir, Sangie et Rita. Je n'aime pas parler de cette vérité, je sais que cela peut blesser mais nous étions justes désolés qu'il soit mort. Rita a demandé à Sangie ''Comment es-tu au courant ?'' Sangie, qui était à son chevet, nous a confirmé que Bob avait vraiment l'intention de nous donner cet argent. Diane Dobson, qui l'accompagnait en tournée, lui a aussi confirmé. Rita nous a dit qu'elle devait aller à Miami l'entendre de la bouche de Bob. Je ne la hais pas, car je ne suis pas gouverné par la haine. On était gênés, car on pensait surtout à sa santé, pas à l'argent... On voulait qu'il se rétablisse et puisse continuer sa tournée. Rita est allée là-bas, et Sangie est revenu 15 jours après, en nous disant que Rita n'avait rien entendu de tel de la part de Bob. De toute façon, entre-temps, ses yeux étaient déjà fermés... C'était tellement tragique.

On ne s'est pas appesanti sur cette histoire d'argent, ce n'était pas le moment. De toutes façons, on ne l'aurait pas accepté dans ces circonstances. On était au fond du trou. Je me suis assis sur le mur de 1st street (Culture Yard, là où Bob a grandi, qu'il chante dans No Woman no cry, ndlr) et c'est là que j'ai écrit le morceau First Street Rock, le 12 mai 1981 (le lendemain de la mort de Bob, ndlr). La vie, c'est ce qu'il y a de plus important, il faut garder en mémoire les bonnes actions, et mettre de côté les rancœurs. On a lutté, lutté et lutté, pour faire cet album, ''Judgement''. Trop tard pour pouvoir conclure un deal avec A&M... On l'a produit tous ensemble, en tant que Knowledge.

En tant que Rastas, comment viviez-vous le contexte politique ?
On était pris entre deux camps politiques rivaux. C'était dangereux. Les Rastas ne soutiennent pas les politiciens, ne s'engagent pas en politique, ne vote pas. Les politiciens se sont servis des Rastas et les ont abusés. En choisissant leurs chansons à des fins politiques, pour leur campagne, comme Max Romeo, ils les mettaient en danger. Le PNP a utilisé une chanson de Max Romeo, le JLP a utilisé une chanson de Bunny Wailer. Parce que les Rastas ne voulaient pas être impliqués politiquement, ils se faisaient tabasser, couper les dreads... Les Rastas étaient marginalisés. Ils avaient du mal à trouver du travail. Comme Sugar Minot le chantait : ''No vacancy, can't get a job !''. Les Rastas souffraient car la société refusait de les accepter. Tu portes des locks, tu lis la Bible, tu crois en Sélassié, ça ne les intéresse pas... Ce qu'ils veulent, c'est que tu supportes leur système, et celui-là uniquement.

C'était pareil pour Bob. Les politiciens voulaient qu'il fasse un concert pour eux. Mais c'est un Rasta lui aussi et il n'aurait jamais fait pas de concert pour soutenir des politiciens. Il s'est opposé à cette idée, alors ils ont envoyé leurs petites mains pour l'abattre chez lui, à Hope Road. Je n'ai pas peur de dire les noms, ce sont des politiciens comme Edward Seaga et leurs hommes de main qui sont derrière... Ils pensaient que Bob Marley allait leur manger dans la main. Quand il leur a refusé cette faveur, ils ont voulu le faire tuer. Mais ils ne l'ont pas tué, et il en a tiré une chanson, Ambush in the night. Avec toute cette animosité, il ne pouvait plus rester à Trenchtown, en tant que leader de la communauté rasta, sans risquer pour sa vie. C'est d'ailleurs aussi pour ça qu'ils ont voulu le tuer, pensant que Rasta mourrait avec lui. Bob Marley avait l'argent, les moyens pour aller vivre ailleurs. Nous n'avions pas cette chance. Il nous fallait combattre cette politique, subir les violences faites aux Rastas. Nous avons été battus par la police, par les politiciens... La police tue, et les politiciens aussi.

En 1978, il y a eu ce Peace Concert. On revient à cette histoire avec Bucky Marshall et Claudie Massop. Bob Marley s'est retrouvé impliqué dans ce concert au National Stadium, où il a joint les mains de Edward Seaga et de Michael Manley. D'un côté, tu avais Claudie Massop, Carl ''Byah'' Mitchell et Jim Brown pour le JLP, et de l'autre côté, Bucky Marshall et Tony Welch pour le PNP. Claudie Massop a commencé à se laisser pousser les dreads, à épouser la cause Rasta. Mais la police n'a pas aimé ça. Ils l'ont arrêté alors qu'il revenait de Caymanas Track (l'hippodrome de Kingston, ndlr) avec des amis, et ils les ont tous tués. Tu ne peux pas imaginer le nombre de balles qu'ils lui ont tiré dessus... (les rapports parlent de plus de 40 impacts, ndlr). J'ai entendu dire que ce sont les politiciens qui sont derrière cet Assassinat, car Claudie Massop était en train de changer et de leur tourner le dos. Il se permettait des remarques, il demandait qu'on relâche la pression sur les Rastas. Ils n'ont pas supporté qu'il soutienne une autre organisation que la leur. Il savait certainement beaucoup de secrets et c'est pour ça qu'ils l'ont tué...

Je me souviens encore, à l'époque de ce Peace Concert, avoir joué un match de football avec Bob Marley, à Tivoli Gardens. C'était un moment très amusant, organisé par Claudie Massop, Jim Brown, et Byah. Le match opposait la Trenchtown House of Dreads de Bob Marley, contre la rude boy team de Tivoli... Nous fumiions la meilleure herbe, bien meilleure que celle des rude boys... Au fil du match, ils remplacent leurs joueurs, mais nous gardons la même équipe. Bob Marley a inscrit le premier but du match, puis le troisième et moi le quatrième. Massive Dread a marqué le suivant : nous menions 5-0 quand Tappa Zukie, qui jouait du côté des rude boys, a réduit le score. Il était notre producteur, mais c'était un baldhead, il ne pouvait pas jouer avec les Rastas ; en plus il était fier de jouer pour ces mecs-là, il se sentait important. Le match s'est achevé à 5-1. Lui qui avait inscrit le seul but pour les rude boys, s'est fait tirer dessus par ses coéquipiers : Jim Brown, Byah et Claudie. Ces mecs-là aiment la guerre, les embrouilles politiques. Ce sont les mêmes qui ont essayé de l'abattre. Ils trempaient dans de sales histoires... Ils se sont disputés et ils lui ont tiré dessus. Je n'ai pas peur de la vérité. Je ne serais pas le premier à mourir pour avoir dit la vérité. Même en connaissant le personnage, je lui ai offert mon soutien.

Tappa Zukie est venu se refaire une santé chez moi. Il a dormi chez moi, je lui préparais de la nourriture ital. Je pense qu'il s'en souvient mais qu'il n'a pas conscience de tout ce qu'on a fait pour lui. Peut-être qu'il n'en parlerait pas, mais moi j'en parle. Il est arrivé à Trenchtown blessé, il s'est effondré en nous disant que Spar, de Tivoli Gardens, lui avait tiré dessus. Je ne sais pas pour quelles raisons. En fait, il s'est fait tirer dessus deux fois par les mecs de Tivoli. La seconde, Byah a admis personnellement que c'était lui qui lui avait tiré dessus.

Je connaissais Jim Brown, et son fils Dudus. C'est à lui que je vendais des racines, qui ont des vertus fertilisantes, médicinales. Jim Brown et Dudus étaient des hommes dangereux. Bucky Marshall, Tony Welch aussi... Dans la fraternité politique, ils sont tous dangereux. Les années 70 étaient dangereuses pour les rastas. Aujourd'hui, beaucoup de Rastas n'imaginent pas ce qu'on a traversé. Ils n'ont jamais été roués de coups ou même été blessé par balles pour avoir dit ''Jah Rastafari'' ! Ils ne sont pas allés en prison pour ça. Nous avons conservé notre foi, et combattu dans cet Armageddon. Les Wailers, Burning Spear, Third World, Joe Higgs... tous ces artistes ont combattu.

Vous quittez Trenchtown et la Jamaïque à l'âge de 44 ans. Pourquoi partir pour l'Angleterre ?
Well, les choses étaient difficiles pour les Rastas. Et puis, la mort de Robert Nesta Marley... Ils parlent d'un cancer, mais je n'y crois pas, je crois qu'ils l'ont tué car il était un messager. C'était un prophète, qui ouvrait les yeux des gens, à un niveau international. Respect aussi à Burning Spear, qui chante tant de chansons sur Marcus Garvey... Et puis il y a autre chose... On a dit de Bob Marley qu'il était le King of Reggae, et je suis d'accord à 100%, dans mon cœur et mon esprit j'en suis heureux. Mais à sa mort, comment a-t-on pu prendre un deejay qui ne chantait que du slackness et le couronner King of Reggae ? Comment Yellowman pourrait être King of Reggae ? C'est de la folie ! Il n'y a rien de culturel, et ça a eu un impact terrible sur l'industrie musicale qui s'est corrompue. D'autres deejays sont arrivés, avec de la rubbish music. Ils faisaient comme si ils avaient inventé le dancehall, mais le dancehall existait avant, il y a avait un dancehall culturel. (Il chante Ram Dancehall de Bunny Wailer). Après Yellowman il y a eu Ninjaman, Shabba Ranks...

Ce sont donc des considérations artistiques qui vous ont fait quitter la Jamaïque ?
Pas forcément artistiques, mais l'idée de diffuser ce message culturel dans le monde entier. La Jamaïque était devenue trop petite. Je dois dire que la corruption a commencé avant Ninjaman et Shabba Ranks. Je n'en veux pas vraiment à Shabba. Il chantait sur les filles, et les filles aimaient ça. Mais Ninjaman est arrivé avec son gun thing, ça plaisait aux rudeboys. Avec Supercat, ça a commencé à devenir dangereux, puis Bounty Killer et Vybz Kartel... Pour moi ça n'est plus du reggae, c'est de l'hypocrisie, une idiotie, un mauvais exemple pour la jeunesse... ''I shoot you in the morning and in the evening, your mother this and your father that...'' C'est stupide ! Et très négatif. C'est pourquoi je suis parti. J'écrivais des chansons et je voulais étendre ma musique au monde entier. J'ai quitté la Jamaïque le 15 août 2000.

Et vous arrivez à Londres...
En arrivant en Angleterre, j'étais invité dans une Rasta House à Kennington, dans le sud de Londres (démolie en 2007, ndlr). Dans cette maison se tenaient deux organisations : EWF (Ethiopian World Foundation) et RI (Rasta International). On faisait beaucoup de choses pour soutenir financièrement leurs activités. Tout cet argent devait servir à construire à Shashamane, au Ghana, en Guinée... dans ce genre d'endroits. Donc je les supportais. Mais j'ai découvert qu'ils n'étaient pas droits, ils gardaient de l'argent dans leur poche. Je devais quitter cette maison. Je me suis rendu à Bristol, mais ce que j'ai vu ne m'a pas plu, les jeunes étaient trop négatifs. Donc je suis parti à Bath, à Fairfield House. Cette maison était celle de Hailé Sélassié, mon dieu, mon roi, mon messie. C'est là qu'il a résidé en 1936 quand Mussolini a envahi l'Ethiopie (jusqu'en 1940, ndlr). Il était bon pour moi de quitter Londres et de me rendre à Bath. Cette maison m'a donné la force, et m'a permis de beaucoup apprendre sur Sa Majesté. Même si la vie était difficile et incertaine, je voulais toujours faire de la musique.

On m'a emmené dans un studio, et c'est là que j'ai rencontré ma femme, Clotilde. Je lui ai proposé de faire les chœurs sur ma musique. Nous nous entendions très bien, on répétait ensemble... Quand elle s'est retrouvée à la porte, elle m'a dit qu'elle me suivrait où j'irais. Je me suis rendu compte de son amour et depuis ce jour nous ne nous sommes plus quittés. Nous nous sommes mariés en 2004. Je continuais à faire de la musique, j'ai fait un album, ''Tell me something'', distribué par Jet Star, mais à cette époque, ils étaient en train de faire faillite. On n'a pas pu avoir la diffusion qu'on voulait sur cet album. J'en ai racheté 1000 et je les vendais lors de mes concerts, c'est comme ça que je payais mon loyer et mes factures. Nous avons décidé de quitter l'Angleterre. Le reggae ne ressemblait plus à la musique de Burning Spear et Bob Marley, il était influencé par le punk et le hip-hop ou quoi que ce soit. Nous avons décidé de nous installer en France, où les gens aiment le reggae.

C'est là que vous enregistrez l'album ''More Knowledge for the people'', sorti l'année dernière.
On a enregistré l'album près de Paris, avec certains des meilleurs musiciens. Certaines de ces chansons étaient déjà écrites et enregistrées, mais pas forcément de la manière dont je voulais. Je voulais faire un album avec un son acoustique, donc à mon arrivée en France, on a refait ces chansons. Les musiciens ont écouté ce que je leur demandais. Je prenais la basse, la guitare ou le clavier pour montrer ce que je voulais. Car je sais ce que je fais !

Vous travaillez déjà sur un nouvel album ?
Oui, je travaille avec les musiciens de Noise Zion. Cet album s'appellera ''Still more knowledge for the people''. Et le prochain après s'appellera ''The Revelation of knowledge'', car j'ai déjà plein de chansons. Mais on se concentre sur le prochain album. Il importe de faire les choses une par une.


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RÉACTIONS


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Appréciation générale :

Puriste et humaniste, un homme simple qui ne brille pas sous les projecteurs du star-système mais éclaire le cœur du Capitole comme une étoile. La sagesse, the knowledge, n'est pas prétentieuse mais ô combien importante, primordiale, vitale ? dans ce monde factice et hypocrite. Ne laissons pas s'éteindre cette étoile dans l'anonymat, faisons-la irradier par respect pour les anciens qui détiennent l'essence des choses, l'histoire de la naissance d'une culture. Écoutez-le avec le cœur.

Quand on pense, que cette personne même, joue dans la rue St Rome de Toulouse, cette rue si commerciale, et que lorsqu'on passe devant lui, un sourire automatique se déssine sur nos lèvres. Ce mec est un génie, il dégage quelque chose de magique, qui fait sourire absolument tout le monde dans cette rue lorsque qu'ils passent devant lui.

la rue la meilleure ecole pour la musique tracy chapman Bob dylan ils ont tous fait du busking! bronco is from trenchtown to frenchtown! En Afrique cette été en attendant que les prod francaise se reveillent donc si vous voulez le booker link him ...

Content d'en apprendre plus sur lui ! Big respect a Bronco en tout cas qui partage sa musique gratuitement sur les trottoirs toulousains

Big interview !! Une bible sur patte le père Bronco !! Knowledge was and still is the key of life !!


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I-Octane Sons à l'écoute
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K2R Riddim
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Macka B
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